Que l'objet poupée soit à multiples facettes est une vérité dont la force a pénétré les esprits avertis et même les autres. Mais la quintessence de son histoire fait ressortir une autre vérité : la poupée est avant tout une femme. Femme en miniature, femme idéale mais pas idéalisée, objet feminin mais pas femme objet.
La poupée porte en elle l'ambiguité qui existe entre la petite fille et la femme qu'elle porte en elle.
Cette projection dans les coulisses de l'éternel feminin n'a pour l'enfant qu'une portée toute relative car elle fait partie de l'inconscient. Mais il n'en est pas de même pour l'artiste qui par sa sensibilité la retrouve, la transpose aprés l'avoir assimilée sur l'immaculée de sa toile.
Avec Pierre Jarraud la toile rougit d'émotion et de plaisir à l'idée de savoir qu'elle va révéler les secrets de la poupée, des secrets de femme émergeant du subconscient de l'artiste.
Muse intarissabe et insatiable elle se métamorphose sous le pinceau; sensuelle, agressive, charmeuse et surtout généreuse...
Elle apporte autant qu'elle reçoit et force et de constater qu'elle devient l'égérie du peintre qui par elle gagne en force, en assurance, en maîtrise dans un art dans lequel déjà il excellait.
Ici, l'osmose entre l'artiste et le modèle est à son comble, chacun apporte à l'autre. C'est l'Amour, le rouge plaisir de l'Amour; il l'adore elle le façonne, il l'imagie, elle l transforme.
Le regard posé sur une toile de Pierre Jarraud est une interrogation qui vous renvoie une invitation au voyage...